Les fleurs et plantes utiles contre les pucerons

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Plantes et Fleurs utiles contre les pucerons

Les pucerons figurent parmi les ravageurs les plus tenaces du jardin, capables de coloniser rosiers, légumes et plantes ornementales en quelques jours seulement. Heureusement, certaines fleurs et plantes compagnes offrent une alternative écologique et efficace pour limiter leurs populations, soit en les repoussant, soit en attirant leurs prédateurs naturels ou bien encore en les détournant des cultures.

L’idée est simple : certaines fleurs nourrissent et abritent les auxiliaires du jardin: coccinelles, syrphes, chrysopes et petites guêpes parasitoïdes trouvent dans leurs fleurs du nectar et du pollen. Ils pondent à proximité des cultures et leurs larves consomment une grande quantité de pucerons.

D’autres plantes, comme la capucine, peuvent attirer les pucerons sur elles et détourner en partie leur attention des légumes.

Enfin en complément, certaines plantes grace à leurs huiles essentielles ou composés volatils masquent l’odeur des cultures voisines et perturbent la localisation des pucerons.

Pourquoi les fleurs aident vraiment contre les pucerons

Un potager composé uniquement de rangs de légumes offre beaucoup de nourriture aux pucerons mais peu de ressources aux insectes qui les régulent. Dès que les températures montent, les colonies peuvent s’installer très vite. Les fourmis, attirées par le miellat sucré produit par les pucerons, les protègent contre leurs prédateurs et accentuent encore le phénomène.

Pour lutter contre les nuisibles, il est donc important d'installer des fleurs et plantes compagnes directement au sein de votre potager. La proximité est importante : en effet, des bandes fleuries au fond du jardin sont utiles à la biodiversité, mais les fleurs glissées entre les rangs de légumes agissent plus directement. L’objectif n’est pas de transformer le potager en massif dense : laissez de l’air et de la lumière aux cultures, tout en multipliant les petits points fleuris.

Les meilleures fleurs et plantes compagnes contre les pucerons

La capucine, une plante-piège

La capucine est une plante-piège: elle attire fortement les pucerons, les détournant des autres plantes.
Cette action va protéger, dans une certaine mesure, les plantes voisines plus sensibles.

Il faut cependant accepter son rôle de plante sacrificielle. Une capucine très colonisée doit être observée régulièrement. Si la colonie devient massive, retirez les extrémités les plus atteintes. Cette concentration de pucerons peut aussi devenir un précieux garde-manger pour les larves de coccinelles et de syrphes. Placez-la en bordure de planche en lui laissant assez d’espace pour s’étaler.

Le souci officinal attire auxiliaires et repousse les pucerons

Le souci, ou calendula, est une fleur annuelle attirant de nombreux insectes pollinisateurs et auxiliaires.
De plus, son odeur marquée repousse plusieurs espèces de pucerons tout en favorisant la biodiversité du sol.
Semez-le au printemps, directement dans une terre ameublie, ou sous abri pour avancer la floraison.
Placez-le au plus près de vos cultures entre les rangs de légumes.

La bourrache, très mellifère, attire massivement syrphes et autres prédateurs

La bourrache, avec ses fleurs bleues en étoile, est une autre valeur sûre. Elle attire massivement et durablement les pollinisateurs et syrphes, dont les larves sont d’importants prédateurs de pucerons. Elle se ressème facilement, parfois avec enthousiasme : prévoyez-lui une place où elle pourra revenir sans gêner les semis plus fragiles.

Le cosmos, une floraison très attractive pour les auxiliaires

Le cosmos attire les pollinisateurs et les insectes auxiliaires tout l’été, souvent jusqu’aux premières fraîcheurs.
Semez-le après les dernières gelées et évitez les sols trop riches : il risquerait de produire beaucoup de feuillage et moins de fleurs. Les variétés à fleurs simples sont plus faciles d’accès pour les insectes butineurs.
Il convient bien en fond de massif, le long d’une clôture ou à l’extrémité des planches de culture.

La phacélie, engrais vert et floraison attractive

La phacélie est connue comme engrais vert, mais sa floraison bleu mauve est aussi très attractive pour les abeilles, syrphes et autres insectes utiles. Semée dans un espace libre, sur une parcelle en attente ou en bordure, elle couvre rapidement le sol. Elle est particulièrement intéressante pour prolonger les ressources florales au printemps ou en fin d’été.

Achillée, aneth, fenouil et coriandre : des fleurs pour les petits auxiliaires

L’aneth, le fenouil, l’achillée millefeuille ou la coriandre sont particulièrement adaptées aux petits insectes auxiliaires, dont certaines guêpes parasitoïdes. Celles-ci ne piquent pas les humains et participent à la régulation de plusieurs ravageurs, dont les pucerons.

Ces plantes trouvent leur place sur les bordures, là où elles ne feront pas d’ombre aux jeunes légumes.

La lavande, un répulsif olfactif puissant

La lavande est souvent utilisée au jardin pour créer une barrière olfactive contre les pucerons. Son parfum intense désoriente ces insectes et limite leur installation sur les cultures voisines. En cas d’attaque de nuisibles, un purin ou une infusion de lavande diluée en pulvérisation renforce l’effet répulsif sans nuire aux auxiliaires.
Plantez-la en bordure de massif, en haie basse ou entre les rangs de légumes sensibles.

La tanaisie, répulsive et insecticide naturelle

La tanaisie dégage une forte odeur camphrée qui repousse de nombreux insectes, dont plusieurs espèces de pucerons, les fourmis, les aleurodes et certains acariens. Elle contient des composés actifs capables de perturber l’alimentation et la ponte de certains ravageurs.

Au jardin, elle peut être utilisée à la fois comme plante compagnon et comme base de préparations (infusion, purin) à pulvériser en prévention sur les cultures sensibles.
Placez-la en bordure ou en fond de massif, en veillant à ce qu’elle n’ombrage pas trop les jeunes semis.

La rue officinale, un répulsif à utiliser avec précaution

La rue officinale est traditionnellement considérée comme un répulsif naturel contre divers insectes, notamment les pucerons et les puces, grâce à ses composés aromatiques puissants. Son odeur forte et sa saveur amère en font une plante peu attractive pour la plupart des ravageurs.

Cependant, elle contient des substances photosensibilisantes et peut provoquer des réactions cutanées. Réservez-lui donc un emplacement bien délimité, en bordure ou dans un secteur peu fréquenté, et évitez de la placer à portée de main des enfants.

La camomille, discrète mais utile aux auxiliaires

La camomille est une petite vivace au feuillage finement découpé et au parfum agréable. Elle est appréciée comme plante répulsive contre certains insectes et comme bonne compagne au potager.

Ses petites fleurs blanches et jaunes attirent de nombreux insectes auxiliaires (syrphes, petites guêpes parasitoïdes) qui participent à la régulation des pucerons. Elle s’installe bien en bordure de planche, entre les rangs de légumes ou en taches dispersées dans un massif, où elle forme un tapis dense sans faire trop d’ombre.

L’alysse, un tapis fleuri pour les auxiliaires

L’alysse forme un tapis bas et dense de petites fleurs blanches, roses ou mauves, très mellifères. Elle n’agit pas comme un répulsif direct, mais comme une station-service pour les insectes utiles : syrphes, chrysopes, petites guêpes parasitoïdes et coccinelles y trouvent facilement du nectar.

Semez-la en bordure de planche, ou en taches dispersées. De plus son port compact en fait une excellente couverture de sol qui limite aussi l’enherbement spontané.

L’anthémis, une marguerite répulsive et décorative

L’anthémis ressemble à une petite marguerite et dégage une odeur aromatique caractéristique. Elle est reconnue comme plante répulsive contre plusieurs insectes, dont certains pucerons, tout en étant très attractive pour les pollinisateurs et auxiliaires.

Son port compact et sa floraison abondante en font une excellente plante de bordure ou de massif, à installer entre les rangs de légumes ou en taches dispersées dans un jardin d’ornement.

La menthe, une barrière olfactive puissante

La menthe est un répulsif olfactif très efficace contre les pucerons grâce à sa forte teneur en menthol et autres composés aromatiques. Son parfum brouille les repères des pucerons et limite leur fixation sur les cultures voisines.
En cas d’attaque, une infusion de feuilles de menthe pulvérisée diluée sur le feuillage, renforce l’effet répulsif.

Attention : la menthe est très envahissante. Plantez-la de préférence en pot enterré ou dans un bac, en bordure de massif ou près des allées, pour éviter qu’elle ne colonise tout le potager.

Le thym, un aromatique répulsif et compact

Le thym produit des huiles essentielles riches en thymol et carvacrol, connues pour leur action répulsive contre plusieurs insectes, dont les pucerons et les aleurodes.
Son port bas et touffu en fait un excellent couvre-sol en bordure de planche ou même entre les rangs.

Comment les installer dans un potager

Pour que les fleurs soient efficaces, répartissez-les plutôt que de les réunir dans un seul coin. Installez par exemple quelques soucis près des tomates, des capucines en bordure, puis des cosmos et de la bourrache au fond de la parcelle. Varier les espèces permet d’échelonner les floraisons et d’attirer une plus grande diversité d’insectes.

Prévoyez des floraisons du début du printemps jusqu’à l’automne. Les pucerons peuvent apparaître très tôt sur les fèves ou les rosiers, alors que les auxiliaires ont besoin de ressources avant de se multiplier. Semez les annuelles en plusieurs fois, à deux ou trois semaines d’intervalle si vous avez de la place. Vous éviterez ainsi une floraison très abondante mais trop courte.

Dans les petits jardins et sur les terrasses, quelques pots suffisent déjà à faire une différence. Un bac de capucines et un pot de bourrache peuvent attirer une belle activité. Veillez seulement à arroser les contenants régulièrement : une plante assoiffée fleurit moins longtemps.

Les remèdes en cas d'attaque

En cas d’attaque localisée, commencez par un jet d’eau doux mais franc sous les feuilles, puis retirez les tiges les plus envahies. Laissez quelques pucerons à distance des cultures les plus précieuses : sans proies, les auxiliaires ne restent pas.

Pour un traitement plus généralisé, utilisez du savon noir pur, sans ingrédients chimiques, dilué dans de l'eau. Ce traitement est bien toléré par les plantes lorsqu’il est correctement dilué et appliqué aux heures les plus fraîches de la journée.

Vous pouvez également réaliser des purins (ortie, fougère), décoctions et infusions (ail, tanaisie, menthe, rhubarbe) à pulvériser directement sur les colonies pour les déloger et limiter leur développement.

Enfin observez avant d’agir: une feuille recouverte de pucerons peut sembler alarmante, mais la présence de larves de coccinelles, de syrphes ou de pucerons morts indique souvent que la régulation est déjà en marche. Le jardin biologique demande parfois un peu de patience, mais cette patience est souvent récompensée.

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Publié dans: Conseils jardinage