Tout savoir sur le semis de Shiso

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Semis de Shiso

Le shiso est une aromatique japonaise, aussi appelée périlla, qui aime la chaleur et prend son temps pour lever. Le semis de shiso peut s'avérer capricieux, ainsi pour le réussir et maximiser le taux de germination il est nécessaire de suivre quelques gestes simples.

Quand semer du shiso ?

Le shiso est une plante annuelle frileuse. En France, le semis le plus fiable se réalise à l’abri, de mars à avril, dans une pièce lumineuse, une serre ou une véranda maintenue entre 20 et 25 °C. Cette température est le premier pilier de la réussite du semis: sous 20 °C, la germination devient lente, irrégulière, voire inexistante.

Un semis direct peut être tenté à partir de la mi-mai, lorsque les gelées ne sont plus à craindre et que le sol s’est réchauffé. Il convient surtout aux régions douces ou aux potagers bien exposés. Cependant, démarrer les plants à l’intérieur donne une avance précieuse et limite les déceptions.

La germination peut être longue. Le shiso germe habituellement en 2 à 4 semaines. Ne jetez donc pas le semis trop tôt : les graines peuvent être capricieuses, notamment si la température varie beaucoup entre le jour et la nuit.

Comment semer du shiso en godets

Le semis en godets individuels est la méthode la plus simple pour les jardiniers débutants. Les jeunes racines du shiso apprécient peu les manipulations répétées, et chaque plant pourra être installé en pleine terre sans trop de dérangement.

Remplissez des godets propres avec un terreau fin spécial semis, souple et légèrement humide. Déposez deux à trois graines par godet, puis recouvrez-les très peu : 2 à 3 mm de terreau suffisent. Les graines de shiso sont fines et ne doivent pas être enterrées profondément.

Tassez délicatement avec la main, puis arrosez en pluie très fine ou par le dessous par capilarité. Le substrat doit rester frais, jamais détrempé. Une soucoupe remplie d’eau en permanence est à éviter : elle favorise l’asphyxie des graines et la fonte des semis.

Placez les godets à la lumière et au chaud. Près d’une fenêtre lumineuse, derrière un voile ou dans une mini-serre chauffée, les conditions sont généralement bonnes. Une fois les premières pousses sorties, retirez tout couvercle éventuel pour que l’air circule. Gardez ensuite le plant le plus vigoureux de chaque godet en coupant les autres au ras du sol, plutôt qu’en les arrachant.

Faut-il faire tremper les graines ?

Le trempage des graines est recommandé. Laisser vos graines de shiso quelques heures dans une eau à température ambiante avant le semis. Évitez toutefois de dépasser une nuit complète : des graines trop imbibées deviennent plus fragiles. N'utilisez pas l'eau du robinet dont le chlore peut inhiber la germination de vos graines, préférez de l'eau de pluie.

Installer le shiso au potager ou en pot

Attendez que les plants aient développé plusieurs vraies feuilles et que les nuits soient douces avant de les sortir. En général, cela correspond à la période de mi-mai à début juin. Avant la plantation définitive, habituez-les progressivement aux conditions extérieures pendant une semaine : quelques heures dehors à l’ombre légère les premiers jours, puis davantage de soleil et de temps à l’air libre.

Au potager, choisissez une terre riche, meuble et restant fraîche en été. Le shiso apprécie le soleil doux ou la mi-ombre. Dans les régions très chaudes, une exposition qui reçoit le soleil du matin puis un peu d’ombre l’après-midi aide les feuilles à rester tendres.

Espacez les plants de 30 à 40 cm. Cette distance peut sembler généreuse pour de petits plants, mais le shiso forme rapidement une touffe ramifiée. Un sol enrichi de compost mûr au moment de la plantation suffit le plus souvent. Il n’est pas nécessaire de surcharger en engrais : un excès d’azote donne beaucoup de feuilles, mais parfois moins parfumées.

La culture en pot fonctionne très bien, à condition de choisir un contenant d’au moins 20 cm de profondeur, percé au fond. Utilisez un terreau de qualité, ajoutez une poignée de compost bien décomposé et surveillez l’arrosage. En pot, le substrat sèche vite lors des journées chaudes. Arrosez dès que les premiers centimètres de terre deviennent secs, sans laisser d’eau stagner dans la coupelle.

Les gestes qui rendent le shiso plus généreux

Lorsque le jeune plant atteint environ 15 à 20 cm, pincez son extrémité entre les doigts, juste au-dessus d’une paire de feuilles. Ce geste encourage la ramification et transforme un plant élancé en touffe plus dense, donc plus productive.

Arrosez régulièrement, surtout après la plantation et en période sèche. Un shiso qui manque d’eau peut produire des feuilles plus dures et monter rapidement en fleurs. Un paillage léger autour des plants aide à maintenir la fraîcheur du sol tout en limitant les arrosages.

La montée en fleurs n’est pas un échec. Les épis floraux sont décoratifs, appréciés des pollinisateurs et peuvent aussi se cuisiner. Mais si votre objectif est de récolter un maximum de feuilles, coupez les débuts de tiges florales dès leur apparition. Le plant continuera plus volontiers à produire du feuillage.

Les limaces peuvent s’intéresser aux jeunes pousses, surtout juste après la plantation. Une surveillance les premiers soirs est souvent plus efficace que des traitements systématiques. Des plants déjà bien développés résistent ensuite beaucoup mieux aux petites attaques.

Récolter les feuilles au bon moment

Vous pouvez commencer à prélever les feuilles dès que le plant est bien installé. Cueillez de préférence les feuilles les plus grandes, en bas ou sur les côtés, sans dépouiller entièrement une même tige. Une récolte régulière stimule la formation de nouvelles pousses.

Pour profiter au mieux de son parfum, utilisez le shiso frais. Les feuilles se conservent quelques jours au réfrigérateur, enveloppées sans être serrées dans un linge légèrement humide. Elles peuvent aussi être congelées hachées, mais leur texture sera alors moins adaptée aux usages où l’on souhaite les servir entières.

Le shiso vert est souvent choisi pour sa fraîcheur aromatique, proche par certains aspects du basilic et de la menthe sans leur ressembler vraiment. Le shiso pourpre a une saveur plus marquée et colore naturellement les vinaigres, sirops ou saumures. Cultiver les deux variétés est une belle manière de varier les récoltes et les usages en cuisine.

Peut-on récupérer des graines de shiso ?

Il est possible de récupérer les graines de shiso à condition de laisser quelques épis arriver à maturité en fin de saison. Lorsque les fleurs sèchent et que les graines brunissent, coupez les tiges par temps sec. Faites-les sécher encore quelques jours dans un endroit aéré, au-dessus d’un papier ou d’un récipient, puis frottez doucement les épis pour libérer les graines.

Conservez-les ensuite dans un sachet en papier ou une enveloppe bien étiquetée, à l’abri de l’humidité. Si plusieurs shisos de variétés différentes fleurissent très près les uns des autres, les graines récoltées peuvent toutefois donner des plants différents de la variété d’origine. Pour une récolte fidèle, mieux vaut isoler les variétés ou choisir chaque année des semences biologiques de qualité.

Le shiso demande surtout de la patience au départ. Offrez-lui une chaleur stable pour germer, une terre fraîche sans excès d’eau et quelques récoltes régulières : il deviendra vite l’une des aromatiques les plus étonnantes et généreuses de votre potager. Bon jardinage à tous !

 
Publié dans: Conseils jardinage